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6 septembre 2009 - 19:39

Les grosses cylindrées ont bien négocié la première journée de championnat. Si Metz a souffert à Toulon et si Nîmes a dû cravacher face à Dijon, Déonise Cavaleiro (photo) et les Havraises ont été, elles, sans pitié pour le promu toulousain.

Deonise Cavaleiro, le Havre – © Sportissimo / Pillaud

Ce n’est qu’un tour de chauffe. Il ne permet pas de tirer des conclusions définitives. Mais dans un championnat que l’on annonce relevé, et qui le sera certainement quand tout le monde aura trouvé ses marques, les équipes promises aux premières places ont justifié leur rang lors de la première journée de la LFH.

Il y a un an, pour son entrée dans la compétition, pourtant fort d’une préparation convaincante, Le Havre avait déchanté à Issy-les-Moulineaux. Manifestement, les Normandes ont retenu la leçon. Premières en piste, les filles de Fred Bougeant se sont nettement imposées à Toulouse (17-27). Le promu, qui s’est armé pour bien figurer dans cette LFH, a tenu le choc huit minutes. Il ne s’est pas remis d’un 10-1 concédé en moins d’un quart d’heure. «Face au Havre, constate Olivier Orfèvres, le technicien toulousain, quand on ne marque pas ou peu, ça ne pardonne pas. Même si je retiens la deuxième mi-temps durant laquelle on a fait jeu égal, on a pu voir la différence entre une équipe qui joue le titre et un promu.» Dans le camp d’en face, le sentiment est forcément différent. «On a su jouer vite et bien attaquer leur 1-2-3, se félicite Fred Bougeant. Si le relâchement dont l’équipe a fait preuve m’énerve un peu, je suis quand même satisfait de n’avoir pris que dix-sept buts contre une équipe dont la base arrière, avec Sophie Herbrecht et Alexandra Lacrabère, est solide. Quant à notre potentiel offensif, je suis sûr qu’il est supérieur à ce que l’on a montré à Toulouse.»

Pour sa part, Metz, sans Camille Ayglon, qui souffre d’une entorse de la cheville, mais avec Oxana Pal (9 buts) qui a livré un beau duel face à Christiane Mwasesa (10), a su, non sans mal, déjouer le piège tendu par Toulon en s’imposant dans le Var (23-25). L’avance des championnes de France a atteint six  buts. Elle n’était que d’une longueur à moins de quatre minutes de la fin. «Mais le hand se joue à sept contre sept et à la fin, c’est toujours Metz qui gagne», lâche fataliste Thierry Vincent, l’entraîneur toulonnais qui admet : «Quand les Lorraines imposent leur rythme ou qu’on tombe dans le leur, elles sont intouchables. Elles ont une maîtrise que l’on n’a pas. Mais on se dit quand même qu’on est dans le vrai, bien conscient que notre championnat, qui prévoit un déplacement au Havre samedi, ne débutera réellement qu’à la troisième journée.»

A Nîmes, le choc des outsiders a tourné à l’avantage du HBCN qui a battu Dijon (25-21). Les pépins physiques de Mariama Signaté et Gisèle Donguet ont été préjudiciables en attaque du côté des lauréates de la Challenge cup qui, après s’être remises d’un 0-6, avaient encore deux buts de retard à la pause. «On a galéré, mais on était amoindri sur la base arrière», admet Manuela Ilie. Elena Groposila, sa compatriote, regrette, elle, «le relâchement en seconde période». «On a été naïf et on a commis en défense des fautes inacceptables, ajoute-t-elle. Si on est une équipe en construction, il va très vite falloir être régulier durant soixante minutes.»

Lauréat de la coupe de France, Mios, privé d’Inès Khouildi (claquage au mollet, encore dix jours d’arrê), a aussi réussi ses débuts en allant gagner à Arvor – Pays de Brest (29-30) grâce à un but d’Aurélie Hémery à douze secondes de la sirène. «Comme l’équipe n’a pas bougé, on a gardé nos automatismes de la saison dernière et ça a sans doute joué à certains moments du match», explique Emmanuel Mayonnade. «Heureusement, dit-il encore, car on a misé sur cette stabilité pour être performant dès le début de saison.» «Face à une équipe de Mios où Myriam Borg a montré tout son métier, on a manqué d’expérience et d’affinités», constate Laurent Bezeau, privé, lui, de Julija Portjanko, son arrière macédonienne, mais qui a pu compter sur Szabina Tapaï, la meneuse de jeu hongroise, dont les débuts en LFH ont été convaincants (8 buts). «Elle a pesé sur le jeu», apprécie son président, Philippe Manach. «Au niveau de l’état d’esprit, les filles ont répondu présent. S’il reste encore du travail, c’est une bonne base pour la suite», ajoute l’entraîneur breton.

Enfin, dans le dernier match de cette journée inaugurale, Fleury-les-Aubrais a pleinement justifié ses ambitions et confirmé également les difficultés d’Angoulême. Sans Alegra Loki, mais avec la Bosniaque Ana Djuric (6/10) et Nimetigna Keita, auteure d’un dernier quart d’heure quasi parfait (4/5), les jeunes filles du Loiret ont dominé les Charentaises et réalisé le deuxième plus gros écart de cette ouverture (33-24). 57% de réussite aux tirs pour l’ensemble de Christophe Maréchal, c’est avec Arvor le meilleur taux de la journée. «On a quand même été pas mal en échec aux six mètres», nuance le nouvel entraîneur fleuryssois pas mécontent toutefois de cette entrée en matière : «Battre Angoulême, qui avait deux joueuses absentes, n’est pas une surprise compte tenu des circonstances. On avait en plus besoin de ces trois points avant d’aller à Metz et de recevoir Le Havre.»


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